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___________________________________________________________________________________-Fiche technique
Scénario de John Patrick Shanley (d'après l'oeuvre de John Patrick Shanley).
Avec Meryl Streep, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams & Viola Davis.
_________________________________________________________________________________________-Synopsis-
La père Flynn, un prêtre de la paroisse, entraineur de basketball, est soupçonné d'avoir fait des attouchements sur un garçon noir de douze ans.
S½ur Aloysius, directrice de l'école, a des doutes sérieux sur la moralité du prêtre mais n'arrive pas à établir les preuves nécessaires à son renvoi.
Quand s½ur James, une s½ur naïve, vient lui raconter un événement impliquant le père Flynn et un garçon de l'école, s½ur Aloysius estime que ses soupçons sont confirmés. Elle part donc en guerre contre le prêtre, bien déterminée à le démasquer. L'aumônier accusé va tenter de se disculper mais s½ur Aoysius n'a pas dit son dernier mot. La doute s'installe. Quelles en seront les conséquences ? Et si tout cela n'était qu'un malentendu ?
L'action du film se déroule dans une école religieuse américaine au milieu des années 60. C'est alors qu'une succession d'évènements vont faire planer le doute sur les agissements du prêtre sur un enfant. La directrice de l'école va donc avoir l'intime conviction de ce qu'il se passe. Finalement, l'histoire et les évènements sont mis en place avec beaucoup de précautions et de pudeur, jamais le mot « pédophilie » n'a été prononcé.
Le film est magistralement interprété par les trois acteurs principaux, cette interprétation atteint par ailleurs son paroxysme à la fin du film. Meryl Streep en grande inquisitrice convaincue que le mal est partout, Philip Seymour Hoffman en prêtre réformiste qui n'est malheureusement pas au dessus de tout soupçon et Amy Adams en bonne-s½ur naïve et pleine d'entrain sont vraiment excellents.
La mise en scène est théâtrale et très intéressante car elle contribue à la mise en place d'un climat de suspicion, d'un climat d'austérité propre à l'église, d'une froideur impressionnante et d'un malaise perceptible par le spectateur. Les aléas météorologiques, qui prouvent à l'accusatrice que quelque chose se passe comme un signe venu du seigneur, renforcent ce côté aléatoire de la suspicion et de l'intime conviction.
Le doute s'installe au fur et à mesure que le temps passe si bien qu'on ne sait pas ce qui est vrai ou ce qui ne l'est pas. En revanche, on dispose d'éléments de réponse lors de la dernière entrevue entre l'accusé et l'accusatrice.
Le récit évoque d'autres sujets comme l'intégration des populations noires aux États-Unis dans les années 60 ou comme certains usages de l'église à l'époque (pas sûr que cela ait vraiment changé depuis) : la vie austère, la discipline liberticide dans laquelle il faut toujours rester dans le rang et où l'on fabrique des individus standardisés car l'on prétend que le diable s'incarne dans les personnes différentes.
Le final est très intéressant et montre que l'absolue certitude n'est jamais vraiment la preuve que quelque chose se passe. On regrettera juste l'effet de mise en scène qui accompagne l'ultime scène de ce film dont la réalisation théâtrale est la clé de cette ambiance si particulière.
Un très bon film, magnifiquement interprété et très haletant.
_______________________________________________________________________________________-Notre note-
